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La SAMA a organisé, au profit de ses adhérents, une sortie le jeudi 11 juin 2015 sur les traces des combats qui eurent lieu en 1915 en Champagne.

En souvenir de cette visite, Claude Lauverjon, membre de la SAMA, vous invite à découvrir au travers du reportage photos qui suit les lieux visités : Cimetière militaire russe de Saint-Hilaire-Le-Grand, Monument Ossuaire de la Ferme de Navarin et "La Main de Massiges".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES ETRANGERS AU SERVICE DE LA FRANCE

            Alors que nous roulons vers notre prochain arrêt et que figure au rang des visites à effectuer, le monument-ossuaire de la Ferme de Navarin où le général Gouraud repose auprès de ses soldats, arrêtons un instant sur deux unités particulières qui s’illustrèrent, parmi tant d’autres, dans les combats de Champagne et notamment ceux de la Ferme de Navarin.

            Je veux ici évoquer les 2° de Marche du 1° et 2° Etranger. Mais pourquoi plus particulièrement ces deux régiments si ce n’est, à travers eux, rappeler un fait, souvent méconnu, qui se répéta lors de la deuxième guerre mondiale qui est l’afflux massif d’étrangers venu se mettre au service de leur seconde patrie, la France.

            Dés le mois de juillet 1914, la marche vers la guerre avait provoqué une avalanche de demandes d’engagement

            Parmi tous ces volontaires, de toutes conditions sociales, citons les tchèques qui formèrent une unité nationale (contraire aux règles d’organisation de la Légion étrangère qui prévoit l’amalgame des nationalités) et les Italiens

            Parmi, les multiples figures qui prédominent, retenons, faute de pouvoir toutes les citer, trois exemples : un futur général et ambassadeur français, Zinovi Pechkoff, d’origine russe, gravement blessé en mai 1915 devant Arras , un coureur cycliste, vainqueur du Tour de France en 1909, le luxembourgeois François Faber mort au combat en 1915 et dont le corps ne fut jamais retrouvé et un poète américain, Alan Seeger qui ne pût malheureusement exprimer toute l’étendue de son art puisqu’il donnât sa vie à 20 ans en 1916 pendant la bataille de la Somme, laissant derrière lui une œuvre posthume dont celle la plus connue au titre prémonitoire « J’ai rendez-vous avec la mort »

« J’ai rendez-vous avec la Mort

Sur un coteau déchiqueté ou une colline dévastée

Quand rejaillit la sève d’un printemps de rêve

Et que toutes premières éclosent les primevères. »

            La formule "par le sang versé" a été retenue récemment comme appellation d'un texte de loi permettant de conférer par une procédure exceptionnelle la nationalité française à tout légionnaire blessé en opérations qui en exprime le souhait. Après une longue "bataille" législative, lors de son vote le 30 décembre 1999, cette loi a fait l'objet d'un consensus unanime de la représentation nationale. Ce texte matérialise de manière simple et évidente une réalité très concrète : peut-on mieux prouver son attachement à la France qu'en acceptant de lui donner sa jeunesse, sa santé, sa vitalité ? La République peut-elle mieux témoigner sa reconnaissance qu'en offrant à ces combattants étrangers touchés dans leur chair de devenir Français à part entière ?

            Je terminerai mon intervention en citant ce quatrain tiré du poème «  le volontaire étranger » composé par Pascal Bonetti en 1920 et dont le projet de loi cité a emprunté les derniers mots :

"Qui sait si l'inconnu qui dort sous l'arche immense
Mêlant sa gloire épique aux orgueils du passé
N'est pas cet étranger devenu fils de France
Non par le sang reçu mais par le sang versé." 

Georges-Michel Royné