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Dès 1871, s’exaltent, sous la plume de Paul DÉROULEDE, l’esprit de revanche et la patriotisme.

 

Paul Déroulède est né en 1846. Jusqu'à la Guerre de 1870, c'est un versificateur (admirant beaucoup Le Cid) qui fréquente les milieux littéraires républicains. La déclaration de guerre lui fait abandonner son pacifisme. Il rejoint son unité lors de la guerre franco-allemande de 1870 où il montre un certain courage (assaut de Montbéliard). Il est fait prisonnier à Bazeilles, s'évade et rejoint les tirailleurs algériens. Cité à l’ordre du jour et décoré en , il participe à la répression de la Commune de Paris lors de la Semaine sanglante de mai. À la suite d'une chute de cheval, il doit renoncer à la carrière militaire en 1874.

Désormais, par son œuvre littéraire et son action politique, il incarne la France de la « revanche » en réclamant le retour de l'Alsace et de la Lorraine. Il écrit les Chants du soldat (1872), vendus à plus de 100 000 exemplaires, dont le fameux Clairon, qui lui vaut la gloire et reste longtemps au programme scolaire. À l'instigation de Gambetta, Déroulède, dont la devise est « Qui vive ? France ! », crée la Ligue des patriotes en 1882. Cette passion pour la « revanche » sur l'Allemagne lui vaut de devenir également l'un des chefs du parti anticolonial. Pour lui, la conquête coloniale épuiserait l'énergie dont la France a besoin pour la future guerre contre l'Allemagne. De même, il estime que jamais les colonies ne pourraient offrir une compensation à la perte de l'Alsace-Lorraine et c'est dans ce sens qu'il répond au colonialiste Jules Ferry : « J'avais deux filles, et vous m'offrez vingt domestiques1 ». Adepte du général Boulanger (« celui qui nous délivrera des chinoiseries parlementaires et des bavards impuissants »), il est porté par sa notoriété à l'Assemblée nationale en 1889. Le il tente en vain de persuader le général Boulanger de marcher sur l'Élysée. Le Gouvernement dissout alors la Ligue des Patriotes, et après la fuite de Boulanger, Déroulède reste député de la Charente de 1889 à 1893 et de 1898 à 1901.

  • Chants du soldat (1872)
  • Nouveaux chants du soldat (1875)

 

 

Le texte de la chanson, rédigé peu après la Guerre de 1870, tout imprégné de sa récente expérience de la guerre, est réaliste. Il exalte le clairon qui, blessé à mort, continue de sonner la charge jusqu’à la victoire finale. Mais il dresse un tableau de la guerre qui est surtout l’occasion de se couvrir de gloire.

"L'air est pur, la route est large,

Le Clairon sonne la charge,

Les Zouaves vont chantant,

Et là-haut sur la colline,

Dans la forêt qui domine,

On les guette,

on les attends."