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Unités de l'Armée de Terre, peu connues du grand public, les Formations militaires de la Sécurité civile méritaient en cette période de fête, un focus particulier.

En 1968, le Général de Gaulle décide, en conseil de Défense, de créer des unités militaires de sécurité civile dans le cadre de la défense civile. Au cours des vingt années qui suivent les UISC n° 1, 5 et 7 sont créées à Nogent-le-Rotrou (Eure et Loir), à Corté (Haute-Corse) et à Brignoles (Var). Le 5 juillet 1990, le chef d'état-major de l'armée de terre remet le drapeau des formations militaires de la sécurité civile à leur commandant en présence des ministres de l'Intérieur et de la Défense.
Elles sont alors placées sous l'autorité du commandant des formations militaires de la sécurité civile. Elles sont rattachées au commandement Terre pour le territoire national (COM TN) créé en jun 2016.

Les formations militaires de la sécurité civile assurent les missions définies par le décret n°88-286 du 24 mars 1988 :


MISSIONS GÉNÉRALES
o Instruction en matière de défense civile et de sécurité civile du personnel accomplissant le service militaire actif.
o Entraînement et perfectionnement des personnels de réserve affectés dans les formations du corps de défense, désignées par le ministre de l'Intérieur.
o Renforcement en détachements constitués des moyens de secours territoriaux pour l'exécution des tâches de défense et de sécurité civile.
o Intervention en tous lieux sur le territoire national ou à l'étranger pour répondre aux catastrophes de toute nature.
 
Ces formations n'ont pas de compétence territoriale.

MISSIONS PARTICULIÈRES


o Prévention des incendies de forêts par écobuage et débroussaillement de zones sensibles du sud-est méditerranéen.
o Étude des nouvelles techniques de lutte dans le domaine des secours.
o Soutien en personnel de la direction de la défense et de la sécurité civile et des centres interrégionaux de coordination de la sécurité civile.

 

Place dans les secours, organisation, personnels et moyens 


Unités de renfort national, les formations militaires de la sécurité civile rassemblent environ 1 500 hommes.  

Elles interviennent en renfort des moyens des collectivités territoriales et sous la responsabilité des autorités locales (préfet, maire…).
Sur un sinistre dépassant les possibilités d'un département, le préfet fait appel aux moyens de la zone de défense, gérés par le centre inter-régional de coordination opérationnelle de la sécurité civile.
Si ces moyens s'avèrent insuffisants, les renforts nationaux sont engagés par la direction de la défense et de la sécurité civile et mis à la disposition du commandant des opérations de secours.
Les ordres d'engagement sont transmis aux trois unités par le ComForMiSC qui participe à la conception du plan de renforcement des secours.
Corps de troupe de l'armée de terre appartenant à l'arme du Génie, leurs personnels sont affectés et administrés par le ministère de la Défense.
Chaque unité est articulée en compagnies composées de plusieurs sections.
Mises à la disposition du ministre de l'Intérieur pour la protection des populations contre les risques du temps de paix et du temps de guerre, elles reçoivent leurs ordres du directeur de la défense et de la sécurité civile et sont prises en charge par le budget du ministère de l'Intérieur pour l'ensemble des moyens humains, matériels et immobiliers.
 


Les personnels

Les officiers et sous-officiers affectés dans les formations militaires de la sécurité civile appartiennent pour 75 % à l'arme du Génie.
Tout en poursuivant leur formation militaire, ils acquièrent les techniques de base du secourisme et de la lutte contre les feux de forêts, avant de se spécialiser selon les besoins de leur unité dans les domaines des risques technologiques, du sauvetage déblaiement et du traitement de l'eau.
L'entraînement est poursuivi en compagnie d'intervention dans la spécialité d'emploi. 

Les moyens

Au total, le commandant des formations militaires de la sécurité civile peut engager sur le terrain :
o 4 compagnies à 3 sections pour les risques naturels ;
o 8 sections supplémentaires qui peuvent être constituées à partir des personnels de soutien ou en cours d'instruction ;
o 2 compagnies à 4 sections pour les risques technologiques.
(Engins, technologique, héliportée).
DDSC Les unités militaires de la Sécurité civile sont équipées au total de plus de 400 véhicules de tous types dont :
o 15 ambulances équipées ;
o 80 véhicules de lutte contre l'incendie ;
o 7 engins de travaux publics ;
o 1 spectromètre de masse ;
ainsi que de nombreux équipements pour sauvetage-déblaiement, inondations, intervention technologique, traitement d'eau et hospitalisation.


Les détachements spécialisés 


Chaque unité est en mesure d'intervenir sur le territoire métropolitain pour des missions traditionnelles d'assistance aux populations (feux de forêts, inondation, tempête...) avec une organisation adéquate. 

Dans le souci de répondre avec des moyens adaptés à des catastrophes éloignées (DOM-TOM, étranger) ou d'une ampleur particulière, la direction de la défense et de la sécurité civile met sur pied des détachements spécialisés adaptés aux risques, dans certains domaines particuliers :
o les tremblements de terre ;
o l'assistance médicale ;
o les catastrophes d'origine technologique ;
o l'approvisionnement en eau potable ;
o la décontamination de personnes valides et invalides.

Le détachement d'intervention catastrophes aéromobile 

 Le DICA est destiné à intervenir rapidement sur les lieux d'un séisme ou des effondrements d'immeubles.
Ses 60 hommes, spécialisés dans la recherche, la localisation, le dégagement et le traitement d'urgence des victimes sont souvent appelés en renfort à l'étranger où leurs compétences sont reconnues. 
Deux DICA sont en alerte permanente, à l'UIISC 1 et à l'UIISC 7. Plusieurs DICA, civils ou militaires, peuvent être engagés simultanément, sur des sinistres importants. 

Le détachement d'appui médical et d'hospitalisation

 Le DAMHo est mis sur pied par l'UIISC 7 de Brignoles.
Intervenant normalement en complément d'un détachement d'appui chirurgical, il le complète en assurant les traitements pré et post opératoires. Ces deux ensembles forment alors un élément de sécurité civile rapide d'intervention médicale (ESCRIM).
Cependant, le DAMHo peut être engagé seul afin de prodiguer des soins médicaux d'urgence aux blessés et éventuellement d'assurer leur hospitalisation pendant 48 heures.
L’UIISC 1 est, quant à elle, équipée d'un poste médical avancé (PMA), chargé du tri et des premiers soins avant évacuation vers des hôpitaux d'infrastructure.
 

Le détachement d'intervention technologique 

 Les accidents technologiques ou attentats (mise en œuvre des plans gouvernementaux NBC) dans lesquels sont impliqués des produits chimiques ou radioactifs, imposent une réaction rapide avec des moyens spécialisés pour déterminer la menace avec précision. La compagnie technologique répond à ce besoin par la mise sur pied d'un détachement d'intervention technologique (DIT). Celui ci peut assurer les missions suivantes :
- évaluation des risques ;
- balisage de zone ;
- intervention en ambiance contaminée ;
- contrôle et décontamination des intervenants.
Dans certaines circonstances, le DICA peut bénéficier de l'appui du DIT.
L'ensemble du personnel suit une formation spécifique poussée.

Le traitement de l'eau

 En cas de pollution des réseaux d'eau, les UIISC sont en mesure de produire, de stocker et de distribuer de l'eau qualifiée buvable ou sanitaire. 
Les moyens mis en œuvre permettent de traiter des eaux de toutes natures y compris saumâtres et/ou salées.
L'unité mobile de décontamination pré-hospitalière
En cas de contamination par des toxiques ou des éléments radioactifs, l'UMDPH peut être envoyée sur tout le territoire comme renfort national des secours locaux. Elle peut être mobilisée en quelques heures et acheminée avec son matériel (2,5 tonnes pour 20 m3 ) par route, rail ou air. Arrivés sur les lieux, les secouristes s'implantent en sortie de zone polluée ou devant l'hôpital local, en zone saine (contrôlée).
L'UMDPH est constituée d’une tente de 60 m2 à armature gonflable. À l'intérieur, les personnes blessées et contaminées sont prises en charge par une équipe médicalisée puis décontaminées en vue de leur hospitalisation. 

La chaîne de décontamination de masse

 Les formations militaires de la sécurité civile sont équipées d'une chaîne de décontamination employée dans le cas d'une agression chimique sur la population civile.
Elle permet la décontamination et le rhabillage de 1000 personnes valides et assure un flux de 100 personnes à l'heure.

 
Les principales interventions 

En intervention plus de 150 jours par an (campagne estivale de feux de forêts, inondations, secours divers), les formations militaires de la sécurité civile sont intervenues en particulier à l'occasion des événements suivants : 

Inondations

1988 : Nîmes

1992 : Vaison-la-Romaine
1993 : Vaucluse, Camargue, Corse
1994 : Djibouti
1997 : Somalie
1997 : République tchèque
1997 : Pologne
1998 : Mexique
1999 : Languedoc-Roussillon
2001 : Finistère, Seine-Maritime, Somme 

Cyclones

1983 : Polynésie (VEENA)
1984: Mayotte (KAMISY)
1989: Guadeloupe (HUGO)
1993 : Réunion (COLINA)
1995 : Saint Martin (LUIS)
1995 : Guadeloupe (MARILYN)
1996 : Nouvelle Calédonie (BETI)
1998 : Martinique Guadeloupe (GEORGES) 
1998 : Haïti et Saint-Domingue (GEORGES)
1998 : Amérique centrale (MITCH) 
1999 : Réunion (DAVINA)
1999 : Antilles (JOSÉ et LENNY) 
1999 : France
2000 : Réunion (CONNIE) 

Séismes et effondrements d'immeubles

1980 : Algérie

1985 : Mexique
1986 : Grèce, San Salvador
1988 : Arménie
1990 : Iran
1992 : Égypte, Turquie
1993 : Malaisie
1995 : Japon, Grèce
1997 : Blaye (France)
1998 : Nairobi (Kenya)
1999 : Colombie, Turquie, Grèce, Taiwan
2001 : Salvador, Inde 

Avalanches

1999 : Montroc

Dépollution

1978 : Amoco cadiz

1980 : Tanio
1986 : Finistère Manche
1987 : Normandie
1991 : Haven / étang de Berre
1994 : Cap Corse
1999 : Erika
2000 : Erika 

Assistance technologique

1996 : Sarajevo, Irak
1997 : France (déminage)
1998 : Paraguay
1999 : Maroc
2000 : Kosovo
2001 : Dépôt de munitions de Vimy 

Aide Humanitaire

1984 : Inde (Bhopal)

1989 : Roumanie
1990 : Roumanie, Albanie
1991 : Irak, Russie
1992 : Bosnie
1993 : Équateur
1994 : Rwanda, Colombie, Djibouti
1997 : Congo
1998 : Cameroun
1999 : Albanie, Croatie, Macédoine 

Fourniture d'eau potable

1997 : Pologne, république Tchèque
1997 : Normandie
1998 : Épernay
1999 : Venezuela
2000 : Roumanie
2001 : Salvador, Guadeloupe
 
(source : site internet previnfo.net)