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Le Service historique de la Défense et le Centre d’histoire de Sciences Po organisent au Château de Vincennes, les 13 et 14 juin 2018, un colloque international consacré aux « Militaires en résistances » en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le 22 juin 1940, la France accepte les conditions d’armistice imposées par l’Allemagne et l’Italie. La France a perdu, son armée est anéantie. De nombreux soldats ont péri, d’autres sont prisonniers et certains refusent la défaite et la politique du gouvernement de Vichy. Fin 1942, des soldats rejoignent l’Armée secrète ou l’Organisation de résistance de l’armée avec pour seul objectif : chasser l’occupant et battre l’Allemagne nazie.

 
 

À partir de juillet 1940, des officiers prennent l’initiative de soustraire de l’armement aux commissions d'armistice et constituent une organisation clandestine de ″conservation du matériel″. Au sein d’un ″bureau des menées antinationales″, d’autres cadres des services spéciaux militaires poursuivent leur action à couvert. La résistance aux exigences allemandes s’organise peu à peu. Début 1942, le général de Gaulle, chef de la France libre, demande à Jean Moulin d’unir les trois mouvements de résistance dans une ″Armée secrète″ résultant de la fusion des trois mouvements clandestins de la zone Sud, dite zone libre, et des cinq mouvements de la zone Nord occupée par les Allemands. En juillet 1942, le capitaine Frenay, chef du mouvement ″Combat″, recommande à Jean Moulin, dit ″Max″, le général Charles Delestraint comme responsable de toutes les activités militaires sur le territoire national dans le cadre d’une ″Armée secrète″. Le mois suivant, de Gaulle donne son accord par l’intermédiaire d’une simple phrase prononcée à la BBC depuis Londres : « Charles à Charles, d’accord ». Le 22 août, Delestraint rencontre ″Max″ à Lyon et s’affirme, sous le pseudonyme de ″Vidal″, comme le chef de l’action militaire de l’AS. Le 27 novembre 1942, alors que l’ensemble du territoire métropolitain est désormais occupé par l’armée allemande, il assiste à la première réunion du comité de coordination des mouvements de résistance de la zone Sud. Le mois suivant, il demande aux cadres et militants de ces formations, constituées d’anciens militaires mais aussi de volontaires civils, de faire preuve d’une stricte discipline militaire. Selon ses propres termes, « l’AS est une nouvelle armée française de l’intérieur adaptée aux circonstances présentes, armée de volontaires dont la mission essentielle est de se battre pour libérer notre sol du joug allemand ».

Action dans la clandestinité

D’abord dénommée Organisation métropolitaine de l’armée, l’Organisation de résistance de l’armée (ORA) prolonge l’action militaire dans la clandestinité depuis la fin des combats de 1940. Constituée sous l’autorité du général Frère à la fin de 1942, cette organisation se différencie de l’AS par ses structures de commandement et la composition de ses unités issues directement de l’Armée d’armistice. Si l’AS du général Delestraint reconnaît l’autorité du général de Gaulle en Angleterre, l’ORA du général Frère reconnaît celle du général Giraud en Afrique du Nord. Malgré leurs divergences, Delestraint et Frère partagent des convictions patriotiques, morales et religieuses et cherchent à s’entendre sur le concours à offrir aux troupes alliées au moment du débarquement.

 

Engagement ultime

Des imprudences, mais aussi un concours de circonstances exceptionnelles, entraînent l’arrestation de Delestraint à Paris le 9 juin 1943. Interné à la prison de Fresnes, il est ensuite déporté au camp de concentration du Struthof puis à celui de Dachau, où il est exécuté le 19 avril 1945. Arrêté le 13 juin 1943, le général Frère est déporté l’année suivante au camp du Struthof où il meurt d’épuisement un an après. Tués au combat, fusillés ou morts en déportation, d’autres militaires en résistance de tous grades connaîtront un destin tragique.

Jusqu’en 1945, après avoir été fusionnées avec les Forces françaises de l’Intérieur (FFI) du général Koenig en février 1944, l’AS et l’ORA auront payé un lourd tribut pour la libération du territoire, d’abord dans une lutte clandestine puis dans un affrontement progressivement ouvert contre l’ennemi.

 

(source : Armée de Terre)