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Durant l'Ancien Régime, il était courant qu'après un conflit, les régiments soient licenciés à l'exception de la première compagnie. On disait alors que le régiment était réduit à la compagnie de mestre de camp. 

Henri IV entreprend, après la paix de Vervins en 1598, de réarticuler en profondeur son armée. Tous les régiments d’infanterie sont dissous et réduits à leur compagnie Colonelle et leur compagnie Mestre de camp en vue de leur transformation.

Les seuls régiments maintenus sur l’ordre de bataille sont alors les « Quatre Vieux » existant sous une forme régimentaire depuis 1558 et issus eux-mêmes des anciennes bandes de Louis XI et des régiments d’Henri II, puis de François Ier : le régiment de Picardie, le régiment de Champagne, le régiment de Navarre et le régiment de Piémont. Cependant, Henri IV rétablit et crée par la suite de nombreux régiments jusqu’à son assassinat en 1610.

Louis XIII, qui lui succède, réforme lui aussi l’armée française en créant de nouveaux régiments dont deux sont assimilés aux Grands Vieux : le régiment de Normandie et le régiment de la Marine.

Étape importante, le Roi érige une hiérarchie interne qui fixe les rangs de ses régiments : les « Grands Vieux », comme à l’accoutumée, sont conservés en tête de l’ordre de bataille, tandis que viennent ensuite d’autres régiments anciens eux-aussi, et réputés pour leur valeur, à qui est donné le nom de « Petits Vieux ».

 
 

Ces derniers sont au nombre de cinq : le régiment de Béarn, le régiment de Bourbonnais, le régiment d’Auvergne, le régiment de Flandre, le régiment de Guyenne, et prennent rang avant les autres régiments d’infanterie, à la suite des Vieux corps. Ils disposent, ainsi que le régiment du Roi qui leur est assimilé, d’autres privilèges : ils sont les premiers à recevoir le drapeau blanc, emblème standardisé de la royauté ; ils ne sont pas dissous après les campagnes, mais simplement réformés ; enfin, à l’instar des Vieux corps, ils possèdent leur propre prévôt de justice.

Sous le règne de Louis XIV, les Grands et Petits Vieux sont maintenus dans leurs privilèges et préséances. Ces prébendes se font alors aussi connaître pour avoir provoqué, selon le général Louis Suzanne, des contestations fréquentes entre Grands et Petits Vieux.

Par exemple, les régiments de Piémont et de Champagne se disputent plusieurs fois le pas entre eux dans les prises d’armes comme à l’assaut, et le disputent même aux Gardes françaises ; ils le cèdent en revanche toujours sans hésitation au « Grand Vieux » Picardie, eu égard à sa réputation d’ancienneté quasi immémoriale pour les soldats, et à sa qualité revendiquée, même au sein des « Grands Vieux », de bande-mère : même un régiment fort ancien et chatouilleux sur le protocole comme le fier régiment de Piémont, garde cette déférence constante à l’égard de Picardie.

Mais toutes ces contestations et rivalités se renouvèlent de façon incessante jusqu’à ce que Louis XIV y remette l’ordre, en fixant définitivement les règlements : uniformes établis dans leurs coupes et couleurs, mise en place des semestres (règlements des permissions). Cette classification des régiments de l’armée royale en « Grands » et « Petits Vieux » dure jusqu’à la fin de l’Ancien Régime.


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