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Monument commémoratif à Poelkapelle

 

Le 11 septembre 1917, le capitaine Georges Guynemer qui venait de prendre le commandement de l’escadrille des Cigognes meurt à 24 ans en plein ciel de gloire. Cet as des as, 53 victoires de 1915 à 1917 entre dans la Légende.

Il a légué à l'école de l'air sa devise : « Faire face ».

L’aviation est une arme neuve et risquée. « Sur les 15 premiers as de la Grande Guerre, le tiers est mort au combat. Leur moyenne d’âge : 25 ans. Les deux tiers d’entre eux n’ont pas dépassé l’âge de 35 ans », constate l’auteur. Mais comparé à l’enfer que vivent leurs contemporains fantassins dans les tranchées, leur sort paraît enviable, leur mort presque propre.

Jeune, séduisant en dépit d’un physique frêle, intrépide, volant de Verdun à la Somme de victoire en victoire, il fait souffler le vent de panache, de chance insolente, de fraîcheur, d’espérance dont la France, exsangue, avait tant besoin. La presse en raffole, les jeunes femmes aussi. son idylle avec la jolie et sans gêne Yvonne Printemps, soufflée au nez et à la barbe de Sacha Guitry, anime la chronique parisienne. Il ne manque pas de cet humour noir, défiant la mort, qui participe, dans l’imaginaire collectif, à l’étoffe des héros : à une brave dame qui, s’extasiant sur son impressionnant placard de décorations, s’enquiert « Quelle croix pouvez-vous encore obtenir ? », il répond sans sourciller : « La croix de bois. » Jusqu’à sa disparition, mystérieuse, dont les circonstances n’ont jamais été vraiment élucidées, qui rajoute au romantisme du personnage.

L’épopée vaut mille Top Gun – Tom Cruise ressemble, disons-le, à côté de la figure de l’élégant Georges Guynemer, à un sympathique marchand de frites – et encouragerait, si elle était contée, plus d’un freluquet complexé à soulever des montagnes. « Avec persévérance, et grâce à quelques coups de pouce du destin […] celui que l’on regarde comme une mauviette, une “femmelette”, est devenu un véritable héros. » Pourtant, Guynemer « tend à tomber dans les oubliettes de l’Histoire ». Ce que l’auteur analyse avec justesse : son genre de beauté ne répond plus aux canons du XXIe siècle. « La figure du héros n’est plus la même. Sa représentation aristocratique (grec, romain, chrétien, au service du roi) a laissé la place au héros national (révolutionnaire, napoléonien, républicain) puis au héros mondialisé (Stakhanov, Che Guevara, Gandhi, Martin Luther King) et thématique (aventurier, humanitaire). »

(Livre / Guynemer la légende et le mystère de Christophe Soulard-Coutant)

Une marche de circonstance, portant son nom, fut crée. L'originalité de la version écoutée est que cette marche est interprétée par la musique des Equipages de la Flotte.